Le canon « Dora » :

(The 80cm L/40.6 (E) "Dora" was designed and built by Krupp)

Les Allemands ont fait des canons ferroviaires une spécialité dès le premier conflit mondial. Pensons au canon sur rail qui terrorisa Paris en 1918, s'il fit des pertes très légères il fût une arme psychologique très efficace, montrant la capacité des Allemands à frapper au cœur de la capitale. Mais l’intérêt principal des canons ferroviaires réside dans la capacité d’amener à proximité du champ de bataille des pièces de gros, voire très gros calibre.
L'usage des routes à l'époque n'est pas encore bien développé, et ne permet pas en Allemagne et en Europe de l’Ouest en général, de supporter des pièces de plusieurs centaines de tonnes, voire de plusieurs milliers pour « Dora ».

Toutefois l’écartement des rails, qui diffèrent entre la Russie, la Pologne et l’Allemagne, nécessite la construction de nouvelles voies ou de changement des essieux.

Evidement ces canons ont été conçus pour des sièges, de villes ou de places fortes, ou dans un contexte de guerre de tranchés à l’issu de la première guerre mondiale. La guerre de mouvement sonne le glas ce genre de mastodonte.
Quelques pièces de 280mm ont été utilisées dans le Pas de Calais pour bombarder l’Angleterre.
Le plus connu, et le moins utilisé, est le canon « Dora » du calibre incroyable de 800mm ! (cad, que le diamètre du canon mesure 80 cm !). C’est le plus gros calibre jamais employé dans l’histoire de l’artillerie. Les obus accusent le poids de 4.8 tonnes (jusqu’à sept pour un obus perforant). La «portée utile» est de 48 km (certaines pièces dirigées contre l’Angleterre portent jusque 120 km).

Commandé par Hitler dès 1937 dans les fabriques Krupp, le canon est conçu pour pulvériser la ligne Maginot, aucun ouvrage défensif, en béton ou non, même enterré ne peut résister à un coup direct. La mise en œuvre du canon nécessite près de 5000 hommes (dont 500 artilleurs, les autres sont chargés de la logistique, du transport et de la protection) et six semaines de préparation. Le canon peut tirer un obus tous les quarts d’heure, un rythme rarement atteint.

Ce canon est construit à seulement deux exemplaires, un troisième inachevé («Langer Gustav» et un 4ème était en prévision «Schwerer Langer Gustav»), mais un seul a servi. Il n’est fini qu’en 1941 donc trop tard pour la campagne de France. Sa courte carrière se résume au siège de Sébastopol. Trop lourd, trop lent il aurait été capturé par les Soviétiques lors de la retraite allemande de 1944 probablement en Crimée même.

The incomplete "Langer Gustav" was destroyed by air attacks and "Dora" and "Schwerer Gustav" were blown up by a German blowing up command in Kummersdorf in 1945.