Tobrouk

Le port de Tobrouk en flamme, le pilonnage incessant de l’artillerie et des Stuka allemands n’empêchent pas la ville d’être ravitaillée.

Si les batailles se passent dans les grandes étendues vides du désert, les enjeux sont plus spécifiquement les ports maritimes et les oasis.

Les ports en eau profonde, sur la côte de Libye, sont rares. En fait il n’y en a qu’un d’importance entre Bengazi et Alexandrie: Tobrouk. Le ravitaillement se fait en effet par la voie maritime. Les deux camps se sont vite rendus compte qu’une fois trop éloigné de leur port, le ravitaillement devient trop difficile et empêche de porter l’estocade finale. En outre Tobrouk possède une usine qui distille 180 000 litres d’eau potable par jour.

Les Anglais prennent le port de Tobrouk aux Italiens dès 1940 et le fortifie. Des bunkers, un fossé antichar, des champs de mines ainsi que deux divisons australiennes et quelques éléments blindées constituent la défense de la ville.
Les Allemands encerclent et assiègent Tobrouk en avril 1941. Le siège dure 8 mois, mais tous les assauts échouent. La garnison est régulièrement ravitaillée, les blessés sont évacués (des Polonais, des Néo-zélandais, des Anglais relèvent les Australiens au cours du mois d’août). Finalement l’opération «crusader» arrive à briser le siège en décembre 1941 au prix de centaines de chars mis hors de combats. La victoire a été difficile, Rommel se plaint du manque de combativité de nombreux italiens (un officier anglais fait prisonnier, seul, 70 officiers italiens qui déjeunaient, dans l’oasis de Jalo). Tobrouk restera aux mains des Britanniques.

On peut comparer le rôle de l’oasis au port, si on assimile le désert à une mer de sable. L’oasis est le seul endroit où l’on peut installer un camp grâce à ses ressources en eau surtout. Chaque oasis donne lieu à une bataille. La plus connu pour la France est la bataille de Bir Hakeim.
C’est une oasis située loin au sud dans le désert. Lors de l’offensive de Rommel qui l’emmena jusque El Alamein à partir de mai 1942, Rommel attaque les troupes anglaises qui se préparaient aussi à l’offensive. La ligne de défense est rompue et les Alliés sont proches de la déroute. Les Allemands tentent un mouvement enveloppant, afin de détruire définitivement la VIIIème armée. Mais ils se heurtent à l’oasis de Bir Hakeim transformé en camp retranché par les hommes de la 1ère Brigade Française Libre du Général Koenig. La brigade tient tête en dépit du manque d’eau et de munitions. Pendant ce temps, la VIIIème armée se replie et échappe à l’anéantissement. 2200 (sur 3500) français arrivent à s’échapper par leur propres moyens.

Mais Tobrouk cette fois-ci est prise et Rommel met la main sur les gigantesques stocks d’eau et surtout d’essence du port. Tobrouk n’est pourtant pas le bol d’air tant espéré car les Anglais attaquent les convois maritimes à partir de l’Ile de Malte. La prise de Tobrouk n’offre qu’un sursis à l’asphyxie.